Le tableau de la Pietà & l'ancien retable de la chapelle Notre-Dame de Pitié

Le tableau de la Pietà & l'ancien retable de la chapelle Notre-Dame de Pitié

Date 
Lundi, 18 mai, 2015

Dossier complet 

Tout visiteur, même non averti, de l'église Saint-Nicolas de Marignane, remarque au fond de la chapelle jouxtant le choeur, la qualité exceptionnelle d'un tableau de la Pietà. Restaurés, la toile et le cadre se présentent pourtant dans un contexte de conservation assez préoccupant, sur une paroi dont l'enduit se dégrade à grande vitesse, face à un étayage soutenant depuis plusieurs années un arc menaçant.

Récemment, l'Association des Amis du Vieux Marignane, chargée de la restauration de la chapelle Notre-Dame de Pitié, a commandé cette étude sur le tableau, à propos duquel quelques bribes d'informations historiques publiées évoquent la provenance.

Ce dossier a donc été constitué à partir d'un travail scientifique, fondé sur la recherche des sources permettant de reconstituer l'histoire de cette oeuvre, de l'ancien retable du maître-autel de la chapelle Notre-Dame de Pitié à l'église paroissiale. Il est destiné à éclairer des choix de conservation, de mise en valeur et de diffusion des connaissances sur le tableau et sa destination première.

Pédagogique, il évitera ainsi les transcriptions intégrales de documents pour la plupart en ancien français.

L'occasion se trouve ici donnée de rectifier nombre d'erreurs et d'approximations transmises depuis la fin du XIXe siècle sur cette copie de la célèbre Pietà du peintre bolonais Annibal Carrache. " Tableau attribué à Annibal Carrache ", " tableau d'Annibal Carrache ", Annibal Carrache confondu avec Michel-Ange Caravage, oeuvre datée sans raison apparente de 1609, toile offerte comme ex-voto par un supérieur général du couvent des pères Minimes de Marignane, " patrimoine de Martin Covet, offert par un chevalier de Malte ", autant d'affirmations ou hypothèses erronées nécessitant aujourd'hui une confrontation aux sources archivistiques et aux travaux d'historiens de l'art reconnus par la communauté scientifique. Sans oublier le doute, de plus en plus grand, quant à l'histoire traditionnellement " admise " d'une chapelle, supposé ex-voto érigé suite aux inondations de 1635. Doute levé par la découverte inédite des prix-faits liés à la reconstruction de la chapelle et le dépouillement systématique des comptes-rendus des visites épiscopales.
La raison d'être du tableau de la Pietà s'en trouve donc éclairée, tout comme sa destination première, le contexte de son exécution, de sa mise en place, de sa dépose et de son transfert. Sa datation établie de manière assez précise ouvre désormais une possibilité d'attribution, que l'on n'attendrait guère à Marignane…